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Dans le deuxième album d’Astérix, Panoramix casse la serpe d’or servant à récolter le gui sacré, ingrédient essentiel de la potion magique. Le trouble est semé dans le petit village de nos ancêtres qui partent immédiatement pour Lutèce à la recherche d’une autre serpe d’Or.

A l’époque des gaulois, le gui était effectivement investi de nombreux pouvoirs : il chassait les mauvais esprits, purifiait les âmes, neutralisait les poisons, soignait l’hypertension, assurait la fécondité des troupeaux et permettait même de converser avec les fantômes. Le chêne était de son côté associé à la force et à la puissance. Le « gui de chêne », très rare car l’arbre possède une sorte de barrière chimique qui empêche le parasite de s’accrocher, était particulièrement recherché par les druides, pour être cueilli la 6è nuit du solstice d’hiver. « Au gui l’an neuf ! », il annonçait une récolte abondante et prospère .

Aujourd’hui, on le trouve entre autres sur les pommiers, les peupliers, les saules et les tilleuls. En revanche, il ne s’installe jamais ni sur le hêtre ni sur le platane et on estime la population du “gui de chêne” à 15 individus en France, très convoités par les néo druides.

Le gui est épiphyte, c’est-à-dire sans racine. Il peut synthétiser ses propres sucres et protéines mais puise également des sels minéraux contenus dans la sève de l’arbre hôte, grâce à un suçoir qui s’enfonce dans l’écorce au fur et à mesure que de nouveaux cernes de bois se forment. A petites doses, le gui n’est pas nuisible mais lorsqu’il devient intrusif, il peut contribuer à affaiblir fortement les individus sur lesquels il vit.

La grive est particulièrement amatrice de son fruit, petite griotte blanche visqueuse ayant inspiré son nom latin, viscum album, et qui met deux ans à murir. En le digérant, l’oiseau rejette la graine dans ses fientes parfois à plusieurs dizaines de kilomètres. Les fauvettes à tête noire, quant à elles, grignotent le fruit sur place. La graine tombe donc à proximité, voire sur une autre branche du même arbre. Cette graine dispose d’une certaine autonomie pour se développer, le temps de former un suçoir et de s’accrocher à son hôte.

Le gui est persistant, ses feuilles ne tombent pas en hiver, et ses boules forment une sorte de partition musicale et dansante, portée par les branches décharnées de février. Il fait de petites fleurs jaunâtres en mars avril, assez peu spectaculaires, qui se fondent visuellement dans les feuilles de l’arbre, une fois le printemps revenu…

 

 

GOSCINNY René, UDERZO, Albert, Astérix Tome 2 : La Serpe d’Or, HACHETTE ASTERIX, 2004

 

Droits Photos (1) et (2) : Franck Goldbronn

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