On raconte que les clochettes du muguet tintent lorsqu’une âme pure franchit les portes du paradis et qu’elles symbolisent les larmes de la Vierge pleurant son fils. Pourtant, ces petits grelots au blanc pur et à la forme campanulée, sagement rangés d’un même côté de la tige et dégageant un parfum légèrement musqué sont extrêmement toxiques. Le muguet fascine aussi par son côté insaisissable, puisqu’il est une des rares fleurs, avec le lilas, dont le parfum ne se laisse pas capter, et seules des odeurs chimiquement reconstituées peuvent grossièrement l’imiter.

La tradition du 1er mai viendrait en France de Charles X ayant offert cette fleur autour de lui le jour de son sacre. Il a ensuite été associé à la fête des Travailleurs au début du XXe siècle, mais sous Pétain, la fête des travailleurs devient la fête du Travail et l’églantine rouge, saisie par les syndicats ouvriers du Nord de la France, menace de concurrencer le muguet. Finalement, l’importante culture de muguet à Nantes l’emporte sur l’églantine et depuis, on espère fiévreusement que les pieds du jardin soient beaux et blancs pour le 1er mai.

Aimant les sous bois anciens, les jardins humides et mi-ombragés, cette fleur pousse partout en France sauf dans les régions méditerranéennes mais n’arrive que rarement impeccable pour le jour attendu. La floraison est souvent déjà finie lorsque le printemps a été précoce ou au contraire plus tardive dans certaines régions. Dans ce cas, un lit de cendres de bois posé au pied du muguet un mois avant la fête du travail permet d’en hâter la floraison.

Le muguet est une vivace tapissante qui refleurit d’une année sur l’autre et se développe par rhizomes rampants. Les griffes sont plantées ou divisées en automne espacées de 10 cm les unes des autres et enrichit dans de la tourbe. Si on vous offre un brin en pot, garder le à l’intérieur en l’arrosant de temps à autre et replanter le en automne dans un coin du jardin protégé du soleil.

Beau et joli 1er mai à tous !

Droits photo : Bruno Monginoux