L’urbain est un jardinier bien ordonné. Pour son cadre de vie, il a souvent normalisé une flore particulière, devenue très caractéristique de nos villes : géraniums et azalées sur les balcons, rosiers et troènes dans les jardins, marronniers et platanes sur les trottoirs, arbres à papillons et ifs taillés dans les parcs. Certaines de ces espèces se sont tellement plu dans cet environnement qu’elles se sont étendues spontanément à de nouvelles zones de la ville. Parallèlement, d’autres plantes se sont installées à l’insu de l’homme, profitant de la moindre interstice et du formidable réseau de moyens de transport à leur disposition pour se déplacer : sous les semelles de chaussures, dans les roues des camions ou dans les poils des balayeuses…
Cette flore, mais aussi cette faune, a commencé à être étudiée et répertoriée depuis quelques années avec la prise de conscience de l’importance de la biodiversité en ville. Cette végétation contribue en effet à diminuer les effets de serre, à dépolluer l’eau et les sols, sans compter ses bénéfices en terme de plaisir de vivre en ville et de santé. Les recherches menées se situent souvent au niveau de la ville ou d’un quartier mais rarement au niveau d’une rue.
Le programme Sauvages de Ma Rue a été fondée dans l’idée d’observer et de répertorier l’ensemble de cette végétation sauvage qui peuple nos trottoirs. Pour cela, il met à disposition de tous ceux qui le souhaitent des outils simples d’utilisation , dont un livre* permettant d’identifier les espèces et des guides téléchargeables sur le site. On peut ensuite envoyer la liste des plantes identifiées dans sa rue et l’envoyer, via le site internet, à des chercheurs du Musée National d’Histoire Naturelle qui les analyseront et les stockeront pour former une vaste base de données. Cette base de données permettra de mieux gérer et d’encourager la biodiversité des villes.
Sauvages de ma rue est un projet fondé à l’initiative de Nathalie Machon, professeur d’écologie, d’Audrey Muratet, botaniste travaillant dans l’unité “Conservation des Espèces Restauration et Suivi des Populations” et animée par l’association de botanistes francophones Tela Botanica. Une super initiative qui donne les moyens à tous les citadins de devenir acteurs de leur environnement;
Botanistes des villes, à vos cahiers de note ! : site de Sauvages de Ma Rue
*MACHON, Nathalie, collectif, Sauvages de ma rue, Guide des plantes sauvages des villes de la région parisienne, édition Le Passage, 2011
(Crédit photo diaporama : A.B.)




2 comments
Lalie says:
Jun 27, 2012
C’est vraiment une bonne idée, il fallait y penser !
Géraldine MAHE says:
Jun 27, 2012
C’est vrai. On se rend compte à quel point dans ce domaine, ce sont surtout les initiatives privées et les associations qui traduisent les consciences en actes, bien avant qu’elles soient relayées par les institutions. Chacun peut semer à son niveau quoi !