“peu après la pluie”
Est-ce qu’il s’agit encore de jardins ? Perrine Rabouin a digéré, métabolisé tout un pan assez large dans le temps de l’histoire de la peinture et elle le distille son savoir au gré des rencontres dans ses propres œuvres qui sont toutes néanmoins personnelles et reconnaissables.
Des références nombreuses viennent donc effleurer, Nicolas de Staël, Jean Hugon, Klimt ou encore Pierre Bonnard… Construction point par point d’un monde particulier où le plaisir de peindre devient une belle évidence et un partage. Jardin oui dans les titres et si on les écoute et regarde.
Puissance universelle et particulière démêlée qui tend vers ce qui arrive et non sans péril. Depuis l’observation du réel les formes s’organisent sur la toile dans un étrange corps à corps sans cesse renouvelé. Elle affirme que quelque chose pousse « de ce terreau de pigments et de nuances qui nous relient à des terres connues, intimes, émotionnelles bien concrètes ».
Quelque chose se déplie dans ces toiles devant nous de par la migration des points de vérité rencontrés entre expérience particulière et universalité. Au plus près de la vibration lumineuse en fervent consentement et accueil de la lumière qui vient à se donner. « Nuée de papillons blancs », ce tir groupé, cette grappe n’est pas séparable du jardin qui lui sert d’envol, Perrine Rabouin ne peint pas un papillon puis un autre, elle peint l’envol, le groupe en déplacement, et cet envol a toujours déjà eu lieu dans cet espace favorable, dans ce jardin indissociable.
Comme l’indique le titre d’une autre peinture reprise ici en titre générique : « Rejoindre l’esprit du jardin » soit capter les forces, accompagner les énergies parmi les humeurs et les illuminations, le peintre et le jardinier n’ont pas à rivaliser : il s’agit bien ici d’une démarche parallèle et similaire à plus d’un titre.
Jean-Louis Vincendeau
“nuée de papillon blanc”
“Rejoindre l’esprit du jardin”



